La force de blocage statique

Est-il nécessaire de travailler les blocages ?

Autrement dit, est-il intéressant de dévélopper sa force de blocage statique, et donc de s’entrainer en blocages ?

En escalade et dans la majeure partie des cas, la phase dite de “blocage” est brève. Grimper en utilisant des mouvements dynamiques (plutôt qu’une fermeture statique) semble être une stratégie plus efficace. Nous sommes souvent limités par notre habileté à être capable d’atteindre la prise suivante, plus rarement par notre capacité à maintenir un certain angle pendant une période étendue. Toutefois dans certains cas il peut être intéressant de travailler ce blocage : voies / blocs spécifiques (toit, compression), escalade à vue (où vous allez fermer le bras, tenir la prise suivante et essayer de la sentir sous vos doigts), clippages ou simplement si vous sentez que votre aptitude à bloquer est limitée.

Un travail de blocage (isométrique) va-t’il augmenter votre force à bras ?

C’est une interrogation légitime, toutefois comme le montre Eva Lopez sur son blog, les études réalisées à ce sujet montrent que l’augmentation de la force est étroitement liée à la manière dont elle est réalisée. Les effets obtenus dépendent de l’angle, de la position, de la vitesse de travail et du type d’activation ; statique ou dynamique. Enfin, le rapport entre entrainement isométrique et production de force explosive est relativement mineur, en particulier chez les athlètes bien entrainés en force et en puissance (Hakkinen K. « Neuromuscular adaptation during strength training, aging, detraining and inmobilization », Critical Reviews in Physical and Rehabilitation Medicine, 1994).


A l’inverse, peut-on améliorer sa force de blocage par un travail de tractions ?

D’après la littérature, les adaptations musculaires qui vont s’opérer entre un travail isométrique et un travail concentrique vont être différentes et ne seront pas directement proportionnelles. Il semble que travailler en blocage n’aura pas d’incidence positive sur votre force dynamique (Baker, D., Wilson, G., & Carlyon, B. « Generality versus specificity: a comparison of dynamic and isometric measures of strength and speed-strength »European Journal of Applied Physiology and Occupational Physiology, 1994)

Notez enfin que c’est un exercice stressant pour vos coudes (qui peut favoriser l’apparition de tendinites). Faites-le en connaissance de cause et réfléchissez bien à la nécessité de son utilité dans votre cas (débutants, attention…). Il va falloir travailler l’ensemble des angles de fermetures (20°, 40°, 60°, 90°, 120°, 140° etc). 

Un dossier complet sur le blog d’Eva Lopez (en anglais)

Un exemple pour grimpeur débutant et intermédiaire. C’est une séance facile à intégrer à une séance de bloc ou de voie par exemple :

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Et un exemple pour grimpeur de niveau avancé (confirmé / expert) :

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